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Le veto de la Slovénie, ou comment la règle de l’unanimité devient une menace pour l’intégration des Balkans

La Croatie pourrait faire son entrée dans l’Union européenne dès 2010, dixit Nicolas Sarkozy lors de son discours d’adieu au Parlement. « Si tout se passe bien« , a-t-il cependant ajouté. Si les Irlandais font le bon choix, donc.

Et voilà que la petite Slovénie, tête de pont de l’Union dans les Balkans, modèle de développement dans les pays de l’Est et, surtout, voisin et ancien colocataire de la Croatie au sein de la Yougoslavie, dit non. Ljubljana pose son veto à l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation. Un problème de frontières communes, notamment, a expliqué le Premier ministre Borut Pahor. Les Croates auraient présenté lors des négociations des documents en contradiction avec le tracé des frontières établi par les Slovènes. Voilà qui met en lumière une règle fondamentale au sein de l’Union : l’unanimité est requise pour l’entrée d’un nouveau membre. Appliquée aux Balkans, cette règle est explosive.

La Slovénie est membre de l'UE depuis le 1er mai 2004

La Grèce a longtemps menacé l’entrée de la Turquie. D’autres s’en chargent depuis le réchauffement de leurs relations. Athènes bloque désormais la malheureuse Macédoine, qui traîne le nom d’ARYM depuis son indépendance. La Slovénie menace aujourd’hui la Croatie, dont il ne fait aucun doute qu’elle a sa place dans les institutions.

Voilà un argument de poids pour les défenseurs d’une adhésion groupée des pays balkaniques. Les nationalismes, encore tellement prégnants, pourraient avoir le mauvais rôle et écorner les valeurs de l’Union. Le premier arrivé à Bruxelles aura en effet le pouvoir d’imposer ses vues diplomatiques à l’Union. La Croatie pourrait ainsi bloquer la Bosnie en réclamant une plus grande influence pour ses compatriotes d’Herzégovine, tout comme pourrait le faire la Serbie, cette dernière pouvant également menacer l’Albanie, qui elle-même pourrait se plaindre du Monténégro et de la Macédoine. Scénario catastrophe. Toutefois, concernant ces tensions, ne doutons pas que le pragmatisme de leurs dirigeants et, surtout, le poids des autres membres de l’Union sauront enrayer cette spirale.

Reste LE problème. Le Kosovo se doit d’être intégré avant la Serbie ou conjointement avec elle (ce que Belgrade pourrait refuser), alors même que l’Espagne, Chypre, la Slovaquie, la Roumanie et la Grèce ne l’ont pas encore reconnue. Dans le cas contraire, il pourrait rester une zone grise sur la carte de l’UE durant des dizaines d’années. Un cas de figure qui joue contre Belgrade, puisque Bruxelles ne le laissera pas se réaliser. En raison de sa diplomatie, la Serbie, bien plus riche que des membres comme la Bulgarie et la Roumanie, voit donc son destin lié au pauvre et petit Kosovo.

Les choix de la Slovénie révèlent à l’ensemble de l’Union la hauteur des obstacles à franchir.


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