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La Macédoine n’est pas au goût de la Grèce
16 janvier, 2009, 21:19
Classé dans : Grece,Macedoine

La dispute étymologique ne cesse de s’envenimer entre Skopje et Athènes. Sur une question qui reste anecdotique aux yeux de la plupart des membres de l’UE, les deux parties campent inflexiblement sur leurs positions. Rien ne vient apaiser ce litige diplomatique, bien au contraire.

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Zagreb a la Slovénie. Plus au Sud, Skopje a la Grèce pour entraver sa progression vers l’Europe. Athènes considère que le terme Macédoine appartient de manière exclusive à son patrimoine historique et culturel. Son voisin du Nord avance ses propres arguments historiques : le territoire actuel de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) faisait dans l’antiquité partie intégrante de la Macédoine d’Alexandre et de Philippe II. Comme dans le cas du Kosovo, chacun parvient à tirer de l’Histoire la démonstration de son bon droit.

La République de Macédoine est, entre autres, reconnue sous cet intitulé par les Etats-Unis. Voilà un argument de poids pour rester inflexible et ignorer la proposition du médiateur de l’ONU : République de Macédoine septentrionale. Et enfoncer le clou. Une autoroute a donc été nommée « Alexandre de Macédoine », ce qui a provoqué l’ire des Grecs, qui considèrent ce choix comme une « appropriation offensive du patrimoine hellénique ». Et voilà que le ministre grec de la Culture annonce l’éclatement prochain de l’ARYM, vouée selon lui à être partagée entre l’Albanie et la Bulgarie. Skopje a immédiatement protesté.

Comme dans le cas de la Croatie, une querelle bilatérale devrait compliquer la progression d’un candidat officiel (depuis 2005) vers l’adhésion à l’Union. Athènes a déjà posé son veto à l’entrée de la République de Macédoine dans l’OTAN en avril et n’attend que l’occasion de faire de même dans le cadre de l’UE.

Il ne suffit pourtant que d’un recul modeste pour considérer cette querelle comme mineure. Qu’une affaire culturelle devienne le principal facteur d’un conflit diplomatique – à dimension potentiellement communautaire – montre à quel point l’intégration des Balkans sera le résultat d’un processus long et difficile. Dans une région où les positions sont tranchées et valent pour réalité historique, le compromis est vu comme une reculade indigne, la moindre décision adverse comme une provocation.

Pas bien loin pourtant, un pays qui s’appelle la Moldavie a de l’autre côté de ses frontières une province roumaine du nom de Moldavie. Sans que cela soit le prétexte à un conflit diplomatique. Et si la Serbie devait baptiser l’autoroute Belgrade-Nis du nom de Franchet d’Espèrey ou de Clémenceau, devrions-nous lui opposer notre veto lors de ses négociations avec Bruxelles au titre de l’appartenance de ces personnalités au patrimoine historique français ?


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